Transmusicales de Rennes – Day 2 : Vidi


Vendredi, ça se passe au Parc expo, du coup, je prends ma Ferrari (oui j’ai une 205 rouge) (erreur à ne pas recommencer, voir fin de l’histoire) pour m’y rendre.

Je découvre les lieux et les pouvoirs incroyables de mon badge (backstage, loge, privilèges gastronomiques et éthyliques, toilette propre où il n’y a pas besoin de braver une file d’attente).

Je débute au Hall 4 avec le concert de Za!, deux mecs un peu barrés qui font de la musique tout Za! zimut. En clair, ils utilisent tout ce qui leur passe sous la main (ou le pied), apprivoisent les objets les plus improbables pour faire de la musique déstructurée un peu jazz, un peu rock, un peu électro. Et ça donne Za!

Mes pérégrinations m’emmènent voir les Kakkmaddafakka (non ces gars là n’ont pas fumé au moment de la décision du nom de groupe, ils sont norvégiens). Si t’étais pas pompélup en arrivant, tu le seras en repartant ! Oui, ce groupe là est revitalisant avec cette pop électrique. Les guitares se jumèlent au violoncelle et au piano; les choeurs, représentés par deux mecs en noeud papillon, nous offrent une prestation originale de danse contemporaine; et le chanteur blondinet (ok ils le sont tous…) rend hystérique les jeunes groupies.

Je m’éclipse à présent écouter les dernières notes de Robin Foster, guitariste anglais, qui régale la salle d’arpèges vaporeux et de beats électroniques. Les mélomanes addict de rock rétro sont ravis.

Je cours à présent assister au show de Hollie Cook. La belle aux cheveux bouclés n’est autre que la fille du batteur des sex-pistols et d’une pop star des 80’s. Son style et sa voix m’ont totalement envouté. Hollie Cook, c’est une enveloppe de reaggae craquante qui laisse s’évaporer de la dub comme on aime et une douce mélodie rocksteady. Sur scène, elle se déchaine et j’aime. Ses chansons sont déjà dans mon iPod.

Attention, Todd Terje, le protégé de Prins Thomas, aux platines. Paraît qu’il y a pas à terj-iverser son set doit être entendu. Je m’exécute, le jeune norvégien (on nous a trompé, les Trans sont enfaite un salon célébrant ce beau pays nordique) s’attaque aux grands cultes tels que Guns’n’roses, Stones en passant de la house lascive à l’électro furieuse, et le cocktail est réussi : la salle est sur-chauffée.

J’erre maintenant vers l’univers extra-terrestre d’Orchestra of Spheres : un groupe complétement psychédélique. Les protagonistes sont habillés d’aluminium, de paillettes et de plastique fluo clignotants; leurs instruments s’apellent la guitare en boîte à biscuits, le sexomousse marimba; du coup, leur musique dépasse la stratosphère habituelle. C’est un peu jazzy, un peu disco et un peu folk mais surtout totalement accrocheur !

Je me faufile maintenant voir celui dont beaucoup parlent : Colin Stetson. Il a un souffle inépuisable, maitrise une technique complexe, utilise avec déviances ses saxophones, clarinette et autres instruments à vents. L’ambiance est dès lors envoûtante, hypnotique, un rien mystique. En clair, j’aurai dû venir plus tôt… Mais c’est le «problème » des trans, trop de bonnes choses en même temps !

Je me dirige maintenant vers le Hall 3, puis là, je découvre Fuel Fandango. C’estde mes gros coups de coeur de ce festival. Nina, la chanteuse, habillée d’une délicieuse robe rose, possède une voix suave et puissante, et égaye sa danse avec les frivolités du flamenco; elle a tout simplement une présence scénique renversante. Ce n’est autre que le DJ Ale Costa (Mojo Project) qui l’accompagne à la guitare, la complicité qui existe entre les deux se lie entre les lignes. Le tout est un savant mélange de beats funky aux sonorités synthétiques, de soul aux airs de trip-hop; ajoutez-y une décoration fleurie : le résultat est tout simplement éblouissant.

Au tour de Stuck in the Sound d’occuper la scène. Ils confirment avec aisance leur notoriété déjà établie. Le son était puissant, peut être même un peu trop, rifts saturés, incontestablement un rock’n’roll énergique. Le public est dynamité si bien qu’il crie au rappel. Mais moi je suis encore toute Fuel Fandango alors dur d’apprécier à sa juste valeur ce show énergique.

Bientôt 3h du mat’, je suis toujours en pleine forme, pas même un petit vacillement. Je me dirige alors Hall 4 où Motor City Drum Ensemble joue. Soyons honnête, je m’attendais à un groupe, il s’agit enfaite d’un DJ unique. Je range donc mes attentes d’indie rock et prépare mon sens auditif à de la house. Ce jeune allemand (sa ressemblance avec l’acteur Michael Pitt m’obsède un peu mais ceci n’a rien à voir avec ce pourquoi j’écris), nous offre un mix lumineux et à la fois subtile optant pour du Aphex Twin, Philippe Sarde sans que cela devienne oppressant; ce qui confirme sa réputation. Son set est méticuleux mélant house, soul, dub et jazz. Sa musique est prenante, dansante, agréable et légère. L’idéal pour se lâcher !

Petit détour par le grand Hall 9. Silverio est aux platines, pour décrire l’énergumène en trois mots : slip, névrosé et électro. Faites parcimonieusement le mélange et vous obtiendrez un show complétement déjanté. Notons que j’ai assisté uniquement aux 5 dernières minutes…

Je crapahute voir Totally Enormous Extinct Dinosaurs qui est tout « simplement »un mec habillé en dinosaure qui fait du son ! Mais le son est bon et absolument pas préhistorique. Les basses sont profondes, les agencements ingénieux et progressifs et il pose par dessus une voix pop à la british. A cette heure-ci, où les vapeurs d’alcools enivre la salle, c’est tout simplement un régal !

J’achève mon pèlerinage avec Dellarge qui nous produit un petit set de dubstep, électro-punk et vieux tubes disco. C’est sympa et ça permet de bien finir la soirée.

Nous sommes maintenant à une heure avancée de la nuit (je pense qu’on peut même dire que c’est la matin), je me mets au volant de ma ferrari, certes j’avais un peu bu mais raisonnablement, et là qui m’attends : les gentils gendarmes. Contrôle pour tout le monde, avec déviation et parcours de cross dans les champs. Bien sûr le test est négatif (vous en doutiez ?) mais merci la petite escapade de 30 min alors que je voulais DORMIR ! C’est décidé, demain, je prends la navette !

Lesly Lynch 

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